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MaskOff avec Marie Oteiza X Mon objectif décrocher une qualification olympique dès 2019 X

Mis à jour : 20 nov. 2018


Cette femme poing levée n'est autre que la pépite actuelle du pentathlon français, forte d'une année 2018 riche en titre, Marie Oteiza, pensionnaire de l'INSEP, représente à 24 ans une réelle chance de médaille aux JO 2020 qui se dérouleront à Tokyo. A l'image d'une équipe de France rayonnante et soucieuse de replacer la France dans l'élite mondiale du pentathlon. Surmonter les épreuves, Marie Oteiza sait le faire doté d'un fort caractère, la sudiste a fait preuve de patience et de détermination pour revenir après sa grosse blessure au genou.


A.S : "Marie peux-tu te présenter et nous parler de ta discipline?"


M.O : "Je m'appelle Marie Oteiza, j'ai 24 ans, je suis landaise, et j'ai commencé le pentathlon moderne il y a 11 ans. Le pentathlon est un sport créé par le baron Pierre de Coubertin afin d'imaginer un soldat "parfait". Il est composé de cinq disciplines : - l'escrime (épée) - la natation (200m nage libre) - l'équitation (parcours d'obstacle avec un cheval inconnu) - le combiné (4x800m de course avec un tir de vitesse avant chaque 800). J'ai d'abord commencé le pentathlon au CREPS de Talence, avant d'intégrer l'INSEP où j'y entame ma sixième saison."

A.S : "L'année 2018 a été assez incroyable pour toi, racontes-nous les moments qui ton le plus marqués?"

M.O : "L'année 2018 a été plus qu'incroyable, elle a été pleine de rebondissement. Je remporte deux titres de championne d'Europe, un en individuel et un en relais mixte avec Valentin Prades. J'ai ramené une autre médaille, celle-ci de bronze, avec mes deux amies et collègues d'entrainements, Julie Belhamri et Manon Barbaza. Je pense que c'est de loin la compétition qui restera gravé dans ma mémoire. Casser la banderole d'arriver est une sensation incroyable, une satisfaction personnelle et une fierté immense. C'est d'autant plus une satisfaction que toute l'équipe de France a brillé sur ces championnats. C'était littéralement une récolte de médaille. Sur six courses où nous nous sommes présentés, nous avons ramenés six médailles, dont cinq en or. A la suite de ces Europes, nous avons participé au championnat du Monde, où là aussi toute l'équipe a brillé. Je ramène avec moi une médaille de bronze en individuel et une médaille d'argent en équipe. Une autre compétition, de nouvelles émotions! C'est le bonheur du pentathlon! Finir cette saison sur un podium mondial, c'était un rêve. Je ne m'y attendais pas du tout, parce que ma fin de préparation a été perturbée par une blessure au genou à cause d'une chute à cheval. J'ai failli ne même pas participer à la compétition, donc finir sur le podium, c'était incroyable."


A.S : "Tu fais 3ème aux championnats du monde à Mexico, dans quel domaine dois-tu encore progresser pour espérer un jour décrocher le graal suprême?"


M.O : "J'ai encore plein de chose à travailler pour progresser, l'avantage en pentathlon, c'est que c'est un sport très technique, donc l'expérience et les années de travail sont des atouts phares mais l'épreuve où je dois le plus progresser est le combiné. À cause de blessures ces dernières saisons qui ont troublé mes préparations en course. Donc l'objectif cette saison, c'est une grosse phase de réathlétisation pour préparer mon corps en début de saison et éviter toute blessure."

A.S : "Tu es l'exemple parfait d'un retour fracassant après une grosse blessure au genou, comment l'expliques-tu?"


M.O : "C'est vrai que mon retour à la compétition après l'opération que j'ai eu au genou la saison dernière est dingue. Je ne sais pas trop comment l'expliquer. Peut être que mon corps avait besoin de ce break pour revenir plus prêt. Tout le travail de kiné et de réathlétisation qui a suivi l'opération pour me remettre en forme a beaucoup joué également. Cette opération a été un vrai coup dur. C'est toujours compliqué pour un athlète de voir ses partenaires partir en compétition et de ne pas pouvoir les suivre. La décision d'opérer n'a pas été évidente à prendre, on est jamais certain que l'on retrouvera son niveau et on sait qu'on prend du retard sur ses concurrents mais il fallait le faire parce que sinon ma carrière aurait été surement terminée."


A.S : "Parles-nous de la partie mentale, qui j'imagine à pris une grande part dans ton retour?"


M.O : "Mon fort caractère du sud-ouest a en grande partie joué un rôle dans mon retour à la compétition. C'était hors de question que je me sois faite opérer pour rien. Ça n'a pas été facile, mais je suis aujourd'hui très fière de mon parcours. Je pense également que ces huit mois de coupure, m'ont permis de voir les choses différemment. Je savoure beaucoup plus la compétition, j'ai compris que ça pouvait s'arrêter très vite, donc je profite de toute ce que le sport de haut niveau m'apporte."


A.S : "Si tu devais me citer trois de tes qualités mais aussi trois défauts tu me dirais?"


M.O : "C'est compliqué, mes défauts peuvent aussi être des qualités dans le sport… mais je dirais niveaux qualités :

- Je suis optimiste

- Persévérante

- Je suis toujours l'écoute de mon entourage

Niveaux défauts :

- Mon fort tempérament (c'est pour pas dire mauvais caractère)

- Je suis très rancunière

- Très têtue"


A.S : "Sur quelle série es tu en ce moment?"


M.O : "J'ai terminé Guyane il y a quelques semaines, je vais m'attaquer à Narcos mais je suis une fan de Game Of Thrones, donc comme beaucoup, j'attends impatiemment la sortie de la nouvelle saison."


A.S : "As-tu un ou une sportive qui t'inspire?"


M.O : "Je n'ai pas vraiment un sportif ou une sportive qui m'inspire en particulier, c'est plutôt plusieurs athlètes qui m'inspirent par leur parcours. Si je dois citer quelqu'un je dirais une montagne du pentathlon français, Amélie Cazé. Elle a énormément apporter au sport français et à notre fédération. Elle a pendant des années dominé toutes les compétitions internationales."


A.S : "Quels vont être tes objectifs en 2019?"


M.O : "L'objectif pour la saison prochaine sera de confirmer cette dernière année. Je suis aujourd'hui athlète numéro cinq mondiale. C'est compliqué dans un sport comme le pentathlon d'annoncer à l'avance les résultats mais j'espère confirmer ma place dans le top 10 des meilleures pentathlètes mondiales. Et pourquoi pas dès 2019 décrocher une qualification olympique."


A.S : "Le pentathlon demande un investissement énorme, comment arrives-tu à planifier toutes tes séances d'entraînements et dans autant de disciplines? Peux-tu nous donner ton programme type sur une semaine?"


M.O : "C'est en effet très compliqué de tout caler en une semaine et ça donne du fil à retordre aux entraîneurs! On s'entraine entre 30 et 35h par semaine, du lundi au dimanche. On fait au minimum trois ou quatre sports par jour et il arrive que l'on fasse les cinq dans la même journée en semaine. On a deux leçons d'escrime par semaine, plus deux ou trois séances d'assauts selon les périodes. On nage trois fois par semaine, on monte deux fois à cheval à la garde république de Vincennes. On court et on tire tous les jours dont deux combinés dans la semaine, le mercredi et le samedi. On a également des séances de PPG (gainage, muscu, et travail de pied spécifique pour la course) que j'alterne un jour sur deux avec des séances de réathlétisation en prévention pour mes genoux, et une séance de yoga. Les week end, c'est donc le samedi une séance de combiné (tir/course) et une sortie longue de course les dimanches, quand on est pas en compétition."


M.O : "Le pentathlon se pratique également par équipe, cela procure-t-il des émotions différentes?"


M.O : "Les émotions sont très différentes par équipe! Je m'entraine à l'INSEP dans un groupe où on est quatorze athlètes. On est un groupe très soudé et je pense que c'est ce qui fait notre force. On fait un sport qui est principalement individuel, mais on a tous besoin de cette équipe. Un de nos coachs répète souvent qu'on ne peut pas prétendre vouloir être les meilleurs en souhaitant que les autres soient mauvais. On rate et on réussit à l'entrainement tous ensemble. Les émotions sont différentes du coup en équipe ou en relais mais c'est tellement plaisant de partager une compétition avec un/e partenaire d'entrainement. "


A.S : "Sur quel livre, es tu en ce moment?"


M.O : "Je lis surtout pendant les vacances, dès que je rentre dans ma chambre c'est pour dormir mais mon dernier livre en date est "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper Lee."


A.S : "Donnes-nous trois musiques de ta playlist musicale d'avant compétition?"

A.S : "Je n'écoute pas trop la musique en compétition, je préfère me mettre dans un coin pour me reposer, faire du travail de respiration pour me relaxer."


A.S : "A ton avis quelles sont les solutions que l'on peut mettre en place pour promouvoir le pentathlon?"


A.S : "Je pense qu'une médaille française aux prochains JO ferait une belle publicité au pentathlon français. Je laisse ma fédération se charger du reste! Elle organise de nombreux évènements pour montrer le pentathlon au grand public. On a depuis quelques années bien augmenté le nombre de licenciés, donc c'est en tout cas en bonne voie."


A.S : "Le pentathlon moderne combine plusieurs disciplines, dans laquelle prends-tu le plus de plaisir?"


M.O : "Ma discipline favorite est l'escrime. Je pense que mon mauvais caractère y est pour beaucoup. Je déteste perdre! C'est une épreuve où je me défoule et où je n'ai pas besoin de trop réfléchir. Je prends vraiment beaucoup de plaisir, et j'aime défier les garçons!"


A.S : "Que représente pour toi les JO 2020 à Tokyo?"


M.O : "Les JO 2020 ça représente un rêve que j'ai depuis que j'ai commencé le pentathlon. Ce serait le résultat de nombreuses années de travail et une belle récompense."


A.S : "Peux-tu nous présenter ton club ainsi que ton staff?"

M.O : "Le Raçing Multi Athlon (RMA) est un club créé en 2011 pour accueillir la section de pentathlon de l'ancien Racing Club de France. C'est un club polyvalent et omnisport puisqu'en plus du pentathlon, il accueille également une structure de triathlon et d'athlétisme. C'est un club vivant jeune et dynamique qui s'est fondé sur l'enthousiasme d'une équipe talentueuse et expérimentée. Mon staff, se compose de deux entraineurs de pentathlon, Jean Pierre Guyomarc'h et Jean Maxence Berrou, tous deux anciens pentathlètes de l'INSEP. Pour l'escrime, c'est Thomas Danjon et Gauthier Grumier qui nous entrainent. Nous avons également un coach de la garde républicaine pour l'équitation Cédric Maniglier. Pour le suivi médical, on a un médecin fédéral et un kinésithérapeute qui nous suivent quotidiennement. Enfin Anne Laure Morigni à la réathlétisation et Stéphane Caristan pour la préparation physique. Avec cette belle équipe c'est compliqué de ne pas être performant."

A.S : "Le mot de la fin pour toi…"


M.O : "Le mot de la fin il sera pour remercier mes entraîneurs et mes partenaires ainsi que mes amis qui partagent mon quotidien, avec qui j'évolue et je m'épanouis tous les jours. Un grand merci à mon chirurgien et à tout le staff médical qui a su me remettre sur pied et grâce à qui j'ai pu faire de si belles performances cette année. Pour terminer un grand merci à ma famille et à mon copain qui me suivent et me soutiennent depuis tellement d'année dans mon aventure."





A.S,

© L'Amateur Sportif - 2018

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