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Clémence Beretta : Cette saison je vais prendre des risques afin de m'approcher du minima olympique

Mis à jour : 28 août 2019


Crédit photo : L'Amateur Sportif

A.S : "Clémence peut-on revenir sur ta saison, quelles sont tes impressions et quel bilan en fais-tu?"

C.B : "Cette saison représentait ma dernière saison chez les jeunes, mes ambitions étaient grandes notamment avec les Championnats d’Europe U23. Si je dois résumer en chiffre ma saison : c’est 2 nouveaux records de France, trois titres de championnes de France Élites, deux titres de Championne de France Espoir et trois sélections en équipe de France. Il y a donc du positif mais aussi des grosses déceptions puisque j’espérais abaisser de manière plus significative mon chrono sur 20km et décrocher une médaille aux Europes."


A.S : "Comment as-tu vécu ta disqualification avec l'Equipe de France lors des championnats d'Europe Espoir, quels sentiments prédominent avec du recul?"

C.B : "Sur le moment ça a été un gros coup dur, je n’avais pas envisagé une disqualification, ça a été douloureux et frustrant. Cependant il faut aller de l’avant, j’ai pu analyser pourquoi cette disqualification a eu lieu."


A.S : "Dans quel domaine dois-tu encore t'améliorer pour encore progresser?"

C.B : "Je dois travailler quelques aspects techniques pour rendre visuellement mon geste plus réglementaire. J’ai une foulée en fréquence et à la différence d’une foulée en amplitude, je fais plus de gestes à la minute ce qui donne l’impression à l’œil humain d’aller plus vite et d’être moins en contact avec le sol. Bien évidemment on ne peut pas changer de manière fondamentale le style de marche d’une personne mais par contre je peux jouer sur quelques détails pour être moins embêtée en termes de jugement comme par exemple avoir une meilleure attaque talon. Aucun domaine ne doit être épargné et je vais continuer à travailler autant en endurance, qu’en spécifique ou qu’en musculation. C’est un ensemble de facteurs associés entre eux qui me feront progresser. "

A.S : "Quels vont être tes objectifs pour la saison prochaine?"

C.B : "La saison prochaine représente mon entrée dans la catégorie séniore mais également l’année olympique. Je vais donc prendre des risques puisque je n’aurais rien à perdre. L’objectif est donc de se rapprocher le plus possible du minima olympique fixé à 1h31’00."


A.S : "Que t'inspire les JO 2024 qui se dérouleront en France?"

C.B :"Je serais en plein dans l’âge de maturité pour ma distance, ça représente donc un bel objectif de carrière. Le fait que les JO de 2024 se dérouleront en France rajoute une saveur particulière, concourir devant son public doit être très galvanisant à vivre."


A.S : "Aujourd'hui quel est ton quotidien? Peux-tu nous donner une semaine type d'entrainement, pour que l'on se rend compte de la charge de travail que cela requiert?"

C.B : "A partir de septembre je serais embauchée dans une entreprise qui me détache à 50% du temps de travail pour les entrainements. Ce statut athlète « semi-professionnel » est un pas de plus vers le haut niveau. Une semaine type est donc 17H30 en entreprise, 100km de marche, 3h de musculation et préparation physique générale, 2H de vélo ou natation, 2H de soins (kiné, ostéo, prépa mentale)."

A.S : "La marche tout comme le marathon sont des disciplines ou l'on arrive à maturité sportive assez tard, comment gères-tu ton plan de carrière?"

C.B : "Avec mon coach on a un plan de carrière qui va jusqu'à 2024, c’est bien évidemment que du théorique mais ça nous permet de nous projeter et surtout nous fixer des paliers. C’est une discipline où il faut être très patient et accepter de ne pas être à un niveau mondial dès 20 ans même si certains y arrivent."


A.S : "Tu es originaire des Vosges, que cela représente pour toi?"

C.B : "Les Vosges sont un merveilleux terrain multisport avec les montagnes et la nature environnante. En effet, j’ai la chance d’être dans un département avec pas mal de pistes cyclables ce qui est appréciable pour mes entrainements de marche mais aussi de vélo."


A.S : "Quand on parle d'athlétisme, on parle très peu de la marche, quelles sont les solutions que l'on peut trouver pour agrandir la visibilité de la marche en France?"

C.B : "C’est malheureusement culturel, les lancers sont rois en Allemagne, la marche est reine en Espagne et en France on parle seulement de quelques grands champions d’athlétisme. C’est un problème bien plus profond que le seul cas de la marche, un problème où le sport business est roi. Par exemple à la télévision on voit 90% du foot et si tu veux voir autre chose il faut souscrire à des chaines privées, chez nos voisins italiens il y a plusieurs chaines nationales qui passent du sport à la télé toute la journée, que ça soit du patinage artistique ou du badminton. Il faut aller à la source et faire de l’éducation sportive mais on part de loin, jusque dans les années 90 en France, les coureurs se faisaient klaxonnés car les gens associaient le sport à une perte de temps. Pour finir sur une note positive, la marche devient de plus en plus populaire sous toutes ses formes : sportive, nordique et athlétique."


Crédit photo : L'Amateur Sportif

A.S : "A ton niveau, il est très important de trouver des partenaires, des sponsors pour te focaliser sur tes entrainements et tes compétitions, quelles sont les solutions pour t'aider?"

C.B : "J’ai la chance d’être aidée par la FFA, ma ligue d’athlétisme, mon club et les collectivités territoriales. Cependant, ça ne suffit pas toujours, c’est pourquoi j’ai lancé une cagnotte en ligne pour la saison à venir pour couvrir notamment un stage en altitude. Quand on est sportif aspirant au haut niveau et qu’on se situe dans un entre deux, c’est compliqué de décrocher des sponsors et on revient toujours au même problème : seulement les sports business sont aidés. Je suis en train de monter un dossier à destination des entreprises de mon département."


A.S :"Peux-tu nous expliquer, ton choix pour la "marche"?"

C.B : "On me pose toujours cette question, c’est pourtant assez simple, j’ai essayé quand j’avais 12 ans un peu par hasard et j’ai continué car ça me plaisait."


A.S : "Le mot de la fin pour toi… as tu des remerciements à effectuer et ou un message à transmettre?"

C.B : "Je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui œuvrent à mes côtés : mon club (AVEC), ma structure d’entrainement (CREPS de Lorraine), mon entreprise (C2i Santé), mon coach et ma préparatrice mentale. Je remercie également toutes les personnes qui ont déjà contribué à mon projet sur ma cagnotte en ligne."




Si vous souhaitez soutenir Clémence voici le lien de sa cagnotte en ligne : https://www.fosburit.com/projets/projet/des-vosges-a-tokyo-une-marche-au-sommet/


A.S,

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