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Agathe Devitry : Mon objectif la médaille d'or aux JO 2024 à Paris

La sociétaire de l'USO Loiret Judo Jujitsu réalise une ascencion fulgurante, en effet Agathe Devitry est passé de l'ombre à la lumière, propulsée en moins d'un an des joutes nationales au circuit international grâce à son titre de championne de France des -63kg. La pensionnaire de l'INSEP vit un véritable rêve éveillé comme l'atteste sa participation samedi dernier au Grand Slam de Paris Bercy, un des plus beaux de la compétition, elle qui a pour habitude d'y assister en tant que spectatrice à cette fois-ci était actrice devant sa famille et ses amis... Ce rêve elle compte bien le continuer puisqu'elle vient d'apprendre sa sélection pour le Grand Slam de Dusseldorf (Allemagne) du 21 au 23 Février et le Grand Prix d'Antalya (Turquie) du 3 au 5 Avril, toutes ses étapes doivent lui permettre de continuer à apprendre, de progresser et l'à mener sur le long terme aux JO de Paris 2024 avec pourquoi pas la plus belle des médailles au bout...


A.D : "Agathe peux-tu te présenter et nous parler de ta discipline? Racontes-nous comment tu es arrivée dans le judo?"


A.D : "Je m'appelle Agathe Devitry, j'ai 22 ans, je suis originaire de Champagne-Ardennes. Je fais actuellement des études en psychologie du sport et préparation mentale. J'ai passé un BPJEPS Activité pour tous, et un BPJEPS Judo. Je suis licenciée à l'USO (Orléans) depuis deux ans. Je suis à l'INSEP depuis quatre ans, et mes entraîneurs nationaux sont Ludovic Delacotte et Serge Dyot. Mon entraîneur de club est Anthony Rodriguez. Le judo est un sport complet qui me permet de me dépenser et de me vider la tête. C'est un sport de combat qui demande technique, tactique, et physique. Il demande de la concentration et de la rigueur pour performer. J'ai commencé le judo à l'age de quatre ans, j'étais une petite fille assez timide et introvertie, mes parents ont voulu me mettre dans ce sport pour que je m'exprime et que je me sociabilise un petit peu. J'ai accroché directement, et je n'ai jamais arrêté."


A.S : "Revenons sur cette superbe année 2019, avec du recul quels sont tes impressions?"


A.D : "C'est une année qui a été très compliquée mais très belle à la fois. Je sors de cette saison fière de moi, je galère depuis longtemps, et voir enfin que le travail paie me conforte dans mes efforts. Je travaille beaucoup, et cela n'a jamais vraiment payé, on m'a toujours dit que j'avais du potentiel et que mon travail allait payer mais ça n'a jamais vraiment marché comme je le souhaitais. Je suis fière du travail que j'ai fourni, j'ai mis beaucoup de choses en place. J'ai réussi à me placer à l'international, à prendre une bonne place dans la catégorie des -63kg. J'ai passée la fin d'année un peu sous pression, car le championnat de France 1ère division est une compétition très importante et qui a beaucoup d'impact sur la suite. Je n'avais jamais réussi à faire une médaille à cette compétition, j'avais l'objectif d'accrocher un podium pour ma première participation en -63kg. Donc je suis très heureuse d'avoir gagné, ça m'a ouvert beaucoup de porte. C'était donc une superbe année, qui a confirmé le travail que je fourni autant professionnellement que sportivement. J'en sors heureuse, et concentrée sur la suite."


A.S : "Quels vont être tes objectifs en 2020?"


A.D :"J'ai plusieurs sélections en Grand Prix et Grand Slam, donc mon objectif est de monter sur le podium à ces compétitions. Me confronter aux meilleures mondiales et arriver à mettre le travail en place pour les battre. Passer dans le top mondial, et garder mon titre de championne de France. L'objectif est vraiment d’être performante sur les grosses compétitions internationales. Je ne suis pas en course pour les Jeux de Tokyo, donc je n'ai pas de pression liée à une sélection."


A.S : "En 2020 tu as intégré le circuit international avec les Grand Prix/Grand Slam, comment juges-tu ces compétitions?"


A.D : "C'est un nouvel environnement pour moi, c'est des compétitions très relevés ou les meilleures mondiales se rencontrent. Il est bien d’être sélectionnée, mais je n'ai jamais réussi à accrocher une médaille, donc il me manque encore des éléments pour être performante à ce niveau. Je suis nouvelle dans cette catégorie, la plupart ne me connaissent pas encore, c'est des filles qui sont présentes sur le circuit depuis des années, donc je me place petit à petit mais je suis encore loin."


A.S : "Récemment tu as pu réaliser un de tes rêves, combattre à Bercy devant ta famille pour le fameux Grand Slam de Paris Bercy, qu'as tu ressenti?"


A.D : "Pour moi c'était une chance de pouvoir participer à une compétition de renommée mondiale. Mon objectif était vraiment de m'imposer et de mettre des choses en place. J'étais fière de pouvoir combattre devant ma famille sur un tel événement. J'avais un petit peu d'appréhension car la salle est très impressionnante et il y a beaucoup de bruit, mais j'ai essayé de rester concentrée dans ma compétition. Je voulais me concentrer sur ce que me disais mes coaches et sur mon combat, faire abstraction des éléments externes. Le public pousse énormément et ça motive beaucoup car les gens ne me connaissaient pas forcément et ils m'encourageaient quand même. C'était impressionnant mais j'ai essayé de l'aborder comme une compétition normale même si c'était compliqué."


Crédit photo : Pix Judo

A.S : "Lors de ce Grand Slam, tu prends la Championne Olympique en titre dès le premier tour, tu t'inclines dans le golden score, n'est ce pas la preuve que tu peux rivaliser avec les meilleures mondiales?"


A.D : "C'est vrai que c'était un premier tour très fort mais les semaines qui précédaient la compétition, j'espérais rencontrer cette athlète. Je ne pensais pas dès le premier tour mais j'étais contente de la prendre. Je me sens mieux sur des filles très fortes, j'ai moins de pression et j'arrive un peu plus à m'exprimer. J'ai réussi à tenir le combat, sans être trop en danger, je ne l'ai pas mis énormément en danger non plus mais je me sentais bien sur la garde et sur l'engagement. Je suis sortie du combat très déçue car je me sentais bien mais c'est le jeu, il fallait une gagnante et une perdante, malheureusement j'ai pas trouvé la solution pour prendre le dessus. Pour l'instant, je trouve que c'est le meilleur combat de ma carrière «débutante dans ce milieu». Je pense pouvoir rivaliser avec les meilleures, mais j'ai encore un cap à passer pour les battre."


A.S : "Selon toi, dans quels secteurs dois-tu encore progresser pour être dans le top mondial?"


A.D : "J'ai encore beaucoup de travail à faire et beaucoup de cap à passer. Les principaux axes de travail sont la tactique, arriver à gérer un combat pour assurer la victoire sans trop en faire. J'ai tendance à vouloir faire tomber, alors que certaines fois il serait plus judicieux de gérer les pénalités. Tactique, mais aussi psychologique, j'ai encore du mal à me lâcher complètement, je me pose encore beaucoup de questions (c'est mieux qu'avant). Je dois progresser sur tous les aspects, mais ces deux là sont les principaux."


A.S : "Comment gères-tu ton changement de statut ? Cela te motive t-il ou au contraire c'est une pression difficile à gérer?"


A.D : "Au début, j'ai eu un peu de mal, j'étais perdue car je suis passée d'une fille qui s’entraîne fort mais qui ne «perce» pas, à une fille qui arrive à chercher un titre national, quelques médailles à l'international et des sélections sur de grosses compétitions. Mon objectif était les championnats de France, chaque année je terminais déçue et cette année je n'avais aucun regret, donc cette sensation m'a perturbé. Je ne pensais pas être capable de ça et que ça allait avoir autant d'impact derrière car j'ai été sélectionnée sur plusieurs compétitions et j'ai donc du me poser un peu pour me fixer de nouveaux objectifs, beaucoup plus élevés. Ce statut me motive énormément car j'ai énormément d'axes à travailler, je sais ou je veux aller mais j'ai aussi la pression car j'ai encore du mal à gérer les événements."


A.S : "Si je te dis Paris 2024, tu me réponds?"


A.D : "Objectif. Je m’entraîne pour ça et c'est ce que je veux. Je veux aller chercher une médaille d'or Olympique, ce serait la plus belle chose que je pourrais me souhaiter."


A.S : "As-tu un athlète qui t'inspire?"


A.D : "J'ai énormément de respect, et d'admiration pour les athlètes qui m'entourent. J'ai été beaucoup inspirée par Céline Lebrun (mon ancienne coach, championne du monde et vice Championne Olympique), elle a un état d'esprit très positif et se donne les moyens de réussir. Elle m'a beaucoup inspirée quand j'étais plus jeune. C'est une personne exceptionnelle. A l'heure d'aujourd'hui, Clarisse Agbegnenou m'inspire beaucoup car elle a de nombreux titres mondiaux, elle fait des médailles à chaque sortie, elle est numéro une mondiale dans ma catégorie mais elle continue à s’entraîner comme une dingue et elle ne lâche rien. C'est une inspiration car avec le travail elle a réussi des choses extraordinaires et elle ne reste pas sur ces acquis. Elle me prouve qu'avec le travail elle peut faire de grandes choses et qu'il ne faut rien lâcher. Elle a un état d'esprit de guerrière et c'est très inspirant pour tout le monde."


A.S : "Si on devait définir Agathe en trois mots, quels seraient-ils?"


A.D : "Travailleuse, rigoureuse et ambitieuse."


A.S : "Tu as fait le choix de passer des -70kg à -63kg peux-tu nous expliquer ton choix? N'est ce pas trop dur à gérer?"


A.D : "Je suis restée pendant quatre ans en -70kg, j'ai choisi de descendre de catégorie car j'étais assez légère et que j'avais envie de nouveauté. J'avais du mal à savoir ou j'allais, quels étaient mes objectifs et donc il fallait que je change quelque chose et que je me fixe de nouveaux objectifs. C'est une des meilleures décisions de ma vie car j'ai beaucoup évolué depuis. Non j'arrive bien à gérer, je fais des régimes d'environ 4-5 kg mais je gère bien et je suis en forme en compétition. Je me sens beaucoup mieux à l’entraînement, dans ma tête et dans ma vie."


A.S : "Si tu pouvais réaliser trois vœux sportifs, quels seraient-ils?"


A.D : "Championne du monde, championne Olympique et devenir une personne inspirante pour les plus jeunes judokas."


A.S : "Le mot de la fin pour toi…"


A.D : "Je voudrais remercier tous le staff qu'il y a autour de moi car ils m'apportent beaucoup de confiance et de choses positives mais aussi ma famille qui m'accompagne depuis toujours et me soutien dans les bons comme dans les mauvais moments, toutes les personnes qui m'accompagnent positivement, mes copines avec qui je m’entraîne tous les jours, mon club et enfin mon sponsor la TEAM AS qui me soutien beaucoup."



A.S,

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